L’expérimentation RINGO

Jeudi 3 mai 2018, par Cécile Adnot (ECM06) et Christian Lemaitre (RTE) //

Le projet RINGO

RTE doit répondre à des évolutions rapides des usages de l’électricité : développement des véhicules électriques, augmentation du nombre de bâtiments dits intelligents, électricité à base d’énergie renouvelable (éolienne et solaire) en essor. Ces modifications du paysage électrique entrainent des pics momentanés de production, qui peuvent s’avérer difficiles à gérer pour le réseau électrique existant. C’est pourquoi RTE a lancé le projet RINGO, dont les principaux objectifs sont les suivants :

  • Gérer les congestions sur le réseau qui sont dues aux pics de production des énergies renouvelables à l’aide de batteries de grande taille ;
  • Reporter voire éviter le besoin de construire de nouvelles lignes ;
  • Acquérir une expertise sur ces batteries de grande taille qui vont se multiplier à moyen terme sur le réseau.

Compte tenu de son statut d’opérateur du réseau de transport d’électricité, RTE ne doit pas perturber les marchés de l’électricité. RTE n’est donc pas autorisé à stocker de l’électricité en vue de la réinjecter plus tard, à un moment où la demande serait plus forte et où son prix serait plus élevé. C’est pourquoi le concept mis en place par RTE dans l’expérimentation RINGO consiste à équilibrer stockage et déstockage à chaque instant : lorsqu’une ligne du réseau est saturée, une batterie stocke l’électricité excédentaire en amont de cette ligne. Au même instant, ailleurs sur le réseau, une ou plusieurs batteries livrent la même quantité d’électricité. Ainsi RTE ne modifie pas l’équilibre entre la production et la consommation, et reste donc conforme à son cadre réglementaire.

Avant ce dispositif, lorsque la capacité d’une ligne est insuffisante pour transporter la production d’électricité, RTE doit demander aux producteurs de réduire leur production. Les congestions dues aux pics de surproduction ne se produisent que quelques jours par an et ne durent que quelques heures. L’investissement dans de nouvelles lignes ou le renforcement des lignes existantes ne seraient donc pas justifiés. L’utilisation de moyens de stockage pour gérer ces congestions est une solution qui, compte tenu de la baisse continue des coûts de ces équipements, devrait s’avérer pertinente.

Les sites RINGO

Le projet RINGO consiste à mettre en place des stockages par batterie en trois points névralgiques du réseau. Les batteries sélectionnées sont de technologie lithium-ion et lithium-métal-polymère (LMP). Chaque site RINGO comporte :

  • Des batteries d’une puissance totale de 12 MW, d’une capacité de stockage de 24 à 36 MWh, accompagnées de leurs auxiliaires associés ;
  • Des équipements de contrôle-commande et de communication ;
  • Des équipements d’électronique de puissance et des transformateurs ;
  • Une liaison de raccordement au poste le plus proche.

Les sites choisis présentent des congestions à l’horizon 2020/2021 dues aux raccordements de productions éoliennes et/ou photovoltaïques.

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Figure 3 Batterie « stockant » l’électricité produite en excès. Source RTE.

Validation du projet par la CRE

Par la délibération du 7 décembre 2017, la CRE a donné son accord pour lancer l’expérimentation RINGO dès 2020 et a validé un budget de 80 M€. Plusieurs étapes sont prévues :

  • De 2020 à 2023, les batteries seront exploitées uniquement par RTE pour la gestion des congestions.
  • A partir de début 2023, elles seront exploitées par des tiers qui n’auront pas les contraintes de RTE sur leurs périmètres.

La principale raison avancée par la CRE pour soutenir le projet est l’insertion des énergies renouvelables sur le réseau, ce qui figure dans les missions du gestionnaire de réseau de transport.